publié le 28/04/2026
Temps de lecture : 5 minutes
Les marchés de l’énergie
Nucléaire
Arrêt imprévu à Bugey 3, tandis qu’EDF module sa production face à la faible demande
EDF a arrêté de manière imprévue le réacteur nucléaire Bugey 3, d’une puissance d’environ 910 MW, après un arrêt automatique survenu dimanche matin. L’unité, initialement attendue de retour en service ce mardi matin, restera finalement à l’arrêt deux jours supplémentaires le temps d’identifier l’origine de la défaillance.
Selon EDF, des investigations sont en cours, mais l’événement n’a pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou l’environnement.
En parallèle, EDF a aussi temporairement arrêté les réacteurs Saint-Laurent et Dampierre 1 durant le week-end, non pas pour panne, mais pour économiser du combustible dans un contexte de faible demande électrique. Ces arrêts illustrent à la fois la sensibilité du parc nucléaire français aux incidents techniques ponctuels et l’adaptation de la production aux conditions de marché.
Électricité
L’excès de production renouvelable fait plonger les prix spot européens
Les prix de l’électricité ont atteint dimanche des niveaux négatifs historiques dans plusieurs pays européens, sous l’effet d’une forte production solaire, d’une demande faible et d’une consommation résiduelle très limitée.
L’Allemagne, la France, la Hongrie et la Belgique ont enregistré des prix horaires inférieurs à -400 €/MWh sur le marché day-ahead. En Allemagne, le prix est tombé près de -480 €/MWh, proche du record de 2009, alors que la production solaire couvrait presque toute la demande électrique.
En France, le prix spot moyen est descendu à -40,83 €/MWh, son plus bas niveau depuis 2013, avec un record horaire à -412,55 €/MWh. La Hongrie a également connu une forte volatilité, avec un prix horaire atteignant le plancher de -500 €/MWh. Cette situation confirme la pression croissante exercée par les excédents d’énergies renouvelables sur les marchés électriques européens, surtout lors des périodes de faible demande.
Baseload 2027
Prix de clôture du 27/04/2026 :
54,01 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 : -3,93 %
Baseload 2028
Prix de clôture du 27/04/2026 :
51,03 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 :
-2,76 %
Baseload 2029
Prix de clôture du 27/04/2026 :
53,96 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 :
-3,63 %
Baseload 2030
Prix de clôture du 27/04/2026 :
58,09 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 :
-1,22 %
Peakload 2027
Prix de clôture du 27/04/2026 :
61,77 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 :
-3,70 %
Peakload 2028
Prix de clôture du 27/04/2026 :
60,08 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 :
-4,56 %
Peakload 2029
Prix de clôture du 27/04/2026 : 62,97 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 : -3,94 %
Peakload 2030
Prix de clôture du 27/04/2026 : 67,79 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 :
-2,08 %
Gaz
Les tensions au Moyen-Orient entretiennent la volatilité, mais les fondamentaux européens rassurent
Les prix du gaz européen ont effacé leurs gains initiaux lundi, après avoir progressé en début de séance sous l’effet des incertitudes au Moyen-Orient. Le marché reste préoccupé par l’impasse diplomatique entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que par la fermeture persistante du détroit d’Ormuz, qui bloque la reprise normale des flux de GNL.
Le contrat TTF néerlandais à un mois reculait légèrement à 44,82 €/MWh après avoir atteint 45,84 €/MWh plus tôt dans la journée. Au Royaume-Uni, le contrat NBP baissait également à 111,48 p/th, après un pic intra journalier à 113,25 p/th.
Malgré ces tensions, plusieurs facteurs limitent la hausse des prix. Les températures en Europe devraient rester supérieures aux normales saisonnières dans les deux prochaines semaines, réduisant la demande de chauffage. Les niveaux de stockage de gaz dans l’Union européenne progressent aussi, atteignant 31,47 %, en hausse de 1,3 % sur une semaine.
L’offre reste par ailleurs stable, avec des flux réguliers depuis l’Algérie vers l’Italie et l’Espagne, ainsi qu’une hausse des exportations norvégiennes vers l’Europe. Ces éléments pèsent sur les prix et compensent partiellement la prime de risque liée au Moyen-Orient.
Gaz 2027
Prix de clôture du 27/04/2026 :
37,15 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 : +1,71 %
Gaz 2028
Prix de clôture du 27/04/2026 :
28,32 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 :
+3,55 %
Gaz 2029
Prix de clôture du 27/04/2026 :
24,00 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 : -0,76 %
Gaz 2030
Prix de clôture du 27/04/2026 :
22,50 €/MWh
Variation depuis le 13/04/2026 :
-1,75 %
Pétrole
Le blocage du détroit d’Ormuz et l’échec des discussions Washington-Téhéran ravivent les tensions sur l’offre mondiale
Les prix du pétrole repartent fortement à la hausse lundi, soutenus par l’impasse des négociations entre les États-Unis et l’Iran et par la perturbation persistante du trafic dans le détroit d’Ormuz. Le Brent évolue autour de 106-108 dollars le baril, tandis que le WTI se situe autour de 95-96 dollars, après une forte progression la semaine précédente.
L’annulation par Donald Trump de nouveaux pourparlers directs avec Téhéran a renforcé les craintes du marché. L’Iran accuse Washington d’avoir fait échouer les discussions, même si des médiations se poursuivent via le Pakistan et qu’une proposition iranienne de réouverture d’Ormuz aurait été transmise.
Sans accord rapide, plusieurs millions de barils restent absents du marché mondial, accentuant les tensions sur l’offre. Les analystes préviennent qu’un blocage prolongé jusqu’à l’été pourrait provoquer une véritable crise énergétique, avec des risques de pénuries, une hausse des produits raffinés et un impact négatif sur l’activité économique.
Prix de clôture du 27/04/2026 : 96,76 $/bbl
Variation depuis le 13/04/2026 : +7,77 %
Charbon
La faible consommation européenne pèse sur le charbon, malgré un possible soutien asiatique
Les prix du charbon européen devraient rester sous pression cette semaine, pénalisés par une demande faible et une offre suffisante. Le contrat API 2 à un mois reculait à 102,30 dollars la tonne, soit une baisse de 17 % sur un mois.
La consommation européenne reste limitée, notamment avec l’arrivée de la période estivale, traditionnellement moins favorable au charbon. Le marché pourrait toutefois se raffermir si les producteurs d’électricité européens réduisent leur recours au gaz au profit du charbon.
Malgré la baisse récente du gaz TTF sous 45 €/MWh, la production électrique au charbon reste moins déficitaire que celle au gaz selon les marges actuelles. Cela pourrait laisser un peu d’espace au charbon dans le mix électrique.
À plus long terme, une hausse de la demande asiatique durant l’été pourrait soutenir les prix mondiaux, surtout en cas de fortes chaleurs en Asie-Pacifique. Pour l’instant, cependant, les prix européens restent pénalisés par une combustion limitée et des stocks encore confortables.
Prix de clôture du 27/04/2026 : 118,04$/t
Variation depuis le 13/04/2026 : +2,58 %
CO2
Le marché carbone sous pression avant la réforme ETS
Le prix européen du carbone pourrait reculer au deuxième trimestre, dans l’attente des décisions sur la réforme du marché ETS prévues en juillet. Le contrat EUA Dec-26 évolue autour de 74 €/t, mais certains analystes anticipent une baisse vers 69-73 €/t.
Cette pression baissière s’explique par le report des propositions de réforme à juillet, une production renouvelable relativement élevée et des incertitudes géopolitiques. LSEG prévoit même une moyenne de 69 €/t au deuxième trimestre, soit une révision en baisse de 15 % par rapport à sa précédente estimation.
Le marché surveille surtout les nouveaux benchmarks industriels pour 2026-2030, qui pourraient réduire les allocations gratuites aux industriels. Une fuite évoquait une baisse de 17 %, mais certains pays, comme l’Italie, demandent déjà à revoir cette réforme.
À court terme, les prix pourraient donc rester dans une fourchette proche de 71 à 78 €/t, avec un risque de baisse supplémentaire en juin. Toutefois, plusieurs analystes estiment qu’un rebond reste possible au second semestre, car les changements de politique attendus ne devraient pas modifier fortement l’équilibre du marché ETS en 2026.
Prix de clôture du 27/04/2026 : 74,74 €/t
Variation depuis le 13/04/2026 : +2,93 %
Garanties d’origine
La sécheresse nordique ravive la hausse des garanties d’origine européennes
Les prix des garanties d’origine européennes ont progressé, portés par une offre hydroélectrique plus tendue dans les pays nordiques et par des achats avant les échéances de conformité en Suisse et en Allemagne.
Les GO hydroélectriques Cal 25 sont montées à 0,80 €/MWh, tandis que le Cal 26 a atteint 1,19 €/MWh. La hausse s’explique surtout par un bilan hydrologique nordique déficitaire, qui devrait encore se dégrader avec des conditions météo sèches.
Le marché a aussi été soutenu par de bons résultats lors des dernières enchères françaises. Malgré cette hausse, les prix restent très loin des records de 2022, lorsque la crise énergétique et la sécheresse avaient porté certaines GO autour de 10 €/MWh.
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