publié le 12/10/2023

Temps de lecture : 4 minutes

Les points importants

ÉLECTRICITÉ

L’État français et EDF sont actuellement à la recherche d’un compromis pour déterminer le prix de vente futur de l’électricité nucléaire. Cette discussion, qui doit aboutir d’ici mi-octobre, vise à concilier les intérêts des particuliers, des industriels, et la nécessité d’EDF de financer ses investissements importants. La mise en place d’un nouveau mécanisme de fixation des prix est cruciale pour éviter l’inflation électrique de 2022, lorsque le prix du mégawattheure a temporairement dépassé les 1 000 euros en France, et pour soutenir la décarbonation de l’économie.


La France se trouve face à deux défis majeurs : à Bruxelles, elle doit convaincre d’autres États membres d’intégrer les actifs nucléaires existants dans les mécanismes de régulation des prix de l’électricité en cours de réforme. À Paris, elle doit trouver un équilibre avec EDF, qui possède et exploite les centrales nucléaires françaises, mais dont le nouveau PDG, Luc Rémont, n’adhère pas totalement à la position française à Bruxelles.


La France doit non seulement respecter les règles européennes de la concurrence, mais aussi tenir la promesse faite par le président Macron de « reprendre le contrôle du prix de l’électricité » d’ici fin octobre. Les négociations sont en cours, et un conseil « Énergie » crucial est prévu le 17 octobre.


En ce qui concerne les négociations à Bruxelles, la France cherche à permettre aux actifs nucléaires existants d’être couverts par des contrats d’écart compensatoire bidirectionnel (contrats for différence, CfD). Ces contrats établissent un intervalle de prix de vente de l’électricité sur le marché de gros européen. Si le prix de vente est inférieur au plancher de cet intervalle, l’État compense le producteur, et si le prix dépasse le plafond, le producteur reverse une rémunération à l’État.


Cependant, cette proposition française suscite des préoccupations chez d’autres États membres qui craignent qu’elle ne crée des distorsions de concurrence, en faisant d’EDF le seul producteur d’électricité de l’UE à bénéficier de contrats préférentiels pour ses actifs électriques existants.

TROLE ET GAZ

Le conflit israélo-palestinien a entraîné une augmentation significative des prix du pétrole et du gaz. Le cours du pétrole a grimpé de 4,04 %, tandis que celui du gaz a augmenté de 12,49 %. Cette hausse est principalement due à l’attaque surprise menée par le Hamas contre Israël, ce qui a suscité des inquiétudes quant à une escalade géopolitique et des perturbations dans l’approvisionnement en énergie.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a atteint 88,00 dollars, en hausse de 4,04 %, tandis que le prix du West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en novembre a augmenté de 4,18 % à 86,25 dollars. Les investisseurs ont réagi en intégrant une prime de risque géopolitique dans les prix, et la demande a également augmenté après une récente correction des prix du pétrole.

De plus, les prix du gaz ont également grimpé. Le contrat à terme du TTF néerlandais, une référence européenne, a augmenté d’environ 12,49 % à 43,00 euros le mégawattheure (MWh), revenant à des niveaux similaires à ceux de fin septembre. Les préoccupations quant à des perturbations dans l’approvisionnement en gaz sont alimentées par la suspension des activités de la plateforme gazière Tamar par Chevron, une société américaine, sur instruction du gouvernement israélien à la suite de l’offensive du Hamas.

En France, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a souligné que le conflit en cours entre l’armée israélienne et le Hamas ajoutait de l’incertitude économique et a appelé à une vigilance accrue face à la situation.

Les marchés de l’énergie


Electricité : la France négocie actuellement avec EDF pour déterminer le prix de vente futur de l’électricité nucléaire. L’enjeu est de concilier les intérêts des particuliers, des industriels et d’EDF, tout en respectant les règles de concurrence de l’UE. La proposition de contrats d’écart compensatoire bidirectionnel suscite des préoccupations quant à d’éventuelles distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne. Un conseil « Énergie » crucial est prévu le 17 octobre pour résoudre ces défis.

Baseload 2024

Prix de clôture du 11/10/2023 :
135,42 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
+10,33 %

Baseload 2025

Prix de clôture du 11/10/2023 : 126,25 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
+8,43%

Baseload 2026

Prix de clôture du 11/10/2023 :
110,97 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
+2,20 %

Baseload 2027

Prix de clôture du 11/10/2023 :
96,53 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
+2,25 %

Peakload 2024

Prix de clôture du 11/10/2023 :
163,20 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
+10,64 %

Peakload 2025

Prix de clôture du 11/10/2023 : 159,35 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
+3,95 %

Peakload 2026

Prix de clôture du 11/10/2023 :
139,95 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
0,21 %

Peakload 2027

Prix de clôture du 11/10/2023 :
110,30 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
-0,23 %

Gaz naturel : le conflit israélo-palestinien a provoqué une hausse significative des prix du gaz, avec une augmentation de 12,49 % du contrat à terme du TTF néerlandais, atteignant 43,00 euros le mégawattheure. Cette montée des prix est due aux préoccupations liées aux perturbations dans l’approvisionnement en gaz, accentuées par la suspension des activités de la plateforme gazière Tamar par Chevron en réponse à l’offensive du Hamas. 

Gaz 2024

Prix de clôture du 11/10/2023 : 50,55 €/MWh

Variation depuis le  04/10/2023 :
+11,84 % 

Gaz 2025

Prix de clôture du 11/10/2023 :
46,48 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 :
+6,95 %

Gaz 2026

Prix de clôture du 11/10/2023 : 37,94 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 : +5,33 %

Gaz 2027

Prix de clôture du 11/10/2023 :
30,76 €/MWh

Variation depuis le 04/10/2023 : +4,65 %

Pétrole : les tensions liées au conflit israélo-palestinien ont provoqué une hausse de 4,04 % du prix du pétrole, avec le baril de Brent à 88,00 dollars. L’attaque surprise du Hamas a suscité des inquiétudes géopolitiques, entraînant une prime de risque. La demande a également augmenté après une récente correction des prix, créant une période d’incertitude économique sur les marchés pétroliers mondiaux.

Brent

Prix de clôture du 11/10/2023 : 85,82 $/bbl

Variation depuis le 04/10/2023 : +0,01 % 


Droits d’émission CO2 :  le marché se focalise toujours sur les sous-émissions conjoncturelles de l’année en cours et de l’avenir proche. Les droits d’émission ont également enregistré une hausse au début de la semaine de négociations en cours. 

Prix de clôture du 11/10/2023 : 84,12 €/t

Variation depuis le 04/10/2023 : +3,00 % 


­Charbon : malgré les augmentations récentes, le prix du charbon reste depuis juillet dans une phase latérale qui va probablement se poursuivre. 

Charbon

Prix de clôture du 11/10/2023 : 128,10 $/t

Variation depuis le 04/10/2023 : +8,56 % 

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