Publié le 15/06/2026

Temps de lecture : 6 minutes

La Coupe du monde 2026 pourrait marquer un tournant dans l’histoire des grands événements sportifs. Avec 48 équipes, 104 matchs et 16 villes hôtes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, cette édition pose une question centrale : cette édition pourrait-elle battre tous les records d’émissions ?

Pour les entreprises, le sujet dépasse largement le cadre du football. Le Mondial 2026 devient un cas d’école pour analyser l’empreinte carbone des grands événements, les limites de la communication RSE et les leviers concrets pour organiser des événements plus responsables.

  • La Coupe du monde 2026 pourrait devenir l’un des événements sportifs les plus émetteurs de gaz à effet de serre.
  • Son format élargi, avec 48 équipes et 104 matchs, augmente fortement les besoins de transport et de logistique.
  • Les déplacements des supporters, équipes, médias et partenaires devraient représenter le principal poste d’émissions.
  • Pour les entreprises, ce Mondial illustre les limites d’une stratégie RSE fondée uniquement sur la communication.
  • Un événement responsable doit d’abord être mesuré, réduit et piloté avant d’être valorisé publiquement.

La Coupe du monde 2026 change d’échelle. Le passage de 32 à 48 équipes augmente le nombre de matchs, de délégations, de spectateurs et de déplacements. L’événement se déroulera sur un territoire immense, entre trois pays et plusieurs fuseaux horaires.

Cette configuration rend la logistique plus complexe. Les équipes devront voyager entre différentes villes. Les supporters feront aussi de longs trajets pour suivre leur sélection. Les médias, les prestataires, les sponsors et les partenaires commerciaux suivront cette même dynamique.

Selon Greenly, l’empreinte carbone de la Coupe du monde 2026 pourrait atteindre environ 7,8 millions de tonnes de CO₂e. De son côté, Scientists for Global Responsibility estime que l’événement pourrait dépasser 9 millions de tonnes de CO₂e. Ces chiffres varient selon les méthodes de calcul. Toutefois, ils montrent une tendance claire : le format retenu pourrait générer un impact climatique record.

Cette situation illustre un dilemme fréquent pour les organisations. Plus un événement grandit, plus il attire de public, de revenus et de visibilité. Cependant, son impact environnemental augmente aussi. Pour une entreprise, cette tension est particulièrement sensible lorsqu’elle communique sur sa responsabilité climatique.

Le transport devrait être le principal poste d’émissions du Mondial 2026. Selon Greenly, les déplacements des spectateurs pourraient représenter la plus grande part du bilan carbone. Les vols internationaux et les trajets entre les villes hôtes pèseront donc fortement dans l’impact final.

Ce point concerne aussi les entreprises. Lors d’un séminaire, d’un salon ou d’une convention, les déplacements sont parfois sous-estimés. Pourtant, ils peuvent générer plus d’émissions que le lieu, les repas ou les supports de communication.

Les stades auront également un impact. Même si l’édition 2026 utilisera surtout des infrastructures existantes, leur fonctionnement reste énergivore. Éclairage, climatisation, écrans, sécurité, restauration et diffusion audiovisuelle demandent beaucoup d’électricité.

Le numérique doit aussi être pris en compte. Billetterie, plateformes médias, data centers, réseaux télécoms et outils de pilotage participent à l’empreinte globale de l’événement.

Pour les entreprises, la leçon est simple : un événement responsable ne se limite pas à un lieu certifié ou à quelques supports recyclés. Il faut analyser l’ensemble des postes d’impact : transport, énergie, achats, déchets, hébergement et numérique.

La Coupe du monde 2026 met en lumière une contradiction fréquente. D’un côté, les organisateurs affichent des ambitions de durabilité. De l’autre, le modèle même de l’événement repose sur l’expansion, la mobilité longue distance et la massification des flux.

Ce décalage peut nourrir des accusations de greenwashing. Le terme désigne une communication environnementale qui donne une image plus responsable que la réalité des actions menées. Dans le cas d’un grand événement, le risque apparaît lorsque les engagements climatiques ne sont pas accompagnés de preuves concrètes et de réductions mesurables.

Pour les entreprises, cette vigilance est essentielle. Une démarche RSE doit être transparente, vérifiable et cohérente avec les décisions prises sur le terrain. Un discours engagé ne suffit plus si les actions, les partenariats ou les choix d’organisation racontent l’inverse.

La compensation carbone illustre cette limite. Utile pour financer certains projets, elle ne remplace pas une réduction réelle des émissions à la source. Une stratégie climat crédible doit d’abord éviter, réduire puis compenser les émissions résiduelles. Cette logique suppose de construire un plan d’action de neutralité carbone en entreprise clair. Celui-ci doit reposer sur des objectifs suivis dans le temps et des leviers concrets pour réduire les émissions à la source.

Les sponsors sont aussi concernés. Lorsqu’une entreprise associe son image à un événement très émetteur, elle hérite d’une partie de son exposition réputationnelle. Ses clients, investisseurs, collaborateurs ou partenaires peuvent alors questionner la cohérence RSE de l’entreprise, surtout si ses engagements ne correspondent pas à son association avec un événement fortement émetteur.

Le risque ne se limite pas à la critique publique. Une communication environnementale trompeuse peut exposer l’entreprise à des sanctions et nuire durablement à son image. La transparence devient donc un levier de confiance essentiel.

La Coupe du monde 2026 montre qu’un événement ne peut plus être évalué uniquement à travers son audience, sa visibilité ou ses retombées économiques. Pour les entreprises, elle rappelle surtout l’importance d’intégrer l’impact environnemental dès la conception d’un projet événementiel.

Mesurer avant de communiquer

Avant de revendiquer une démarche responsable, une entreprise doit connaître l’empreinte réelle de son événement. Cela passe par un bilan carbone complet.

Ce bilan ne doit pas se limiter aux émissions visibles. Il doit aussi intégrer les déplacements, l’hébergement, les achats, les repas, les déchets et les usages numériques. Cette étape permet d’éviter une communication trop vague, voire perçue comme du greenwashing.

Repenser les déplacements

Le choix du lieu joue un rôle essentiel. Un événement organisé près d’une gare ou dans une ville bien desservie permet de réduire les émissions liées aux trajets.

Les entreprises peuvent aussi encourager le train, les navettes collectives, le covoiturage ou les formats hybrides. Ces solutions rendent l’événement plus accessible, tout en limitant son impact carbone.

Optimiser l’énergie des sites

Un site événementiel doit être piloté comme un bâtiment professionnel. Le suivi des consommations, l’éclairage LED, la gestion technique du bâtiment ou encore le recours à l’électricité renouvelable peuvent réduire l’impact énergétique.

L’électricité verte en entreprise peut aussi renforcer la cohérence environnementale d’un événement, si elle s’inscrit dans une démarche globale de sobriété énergétique. Ces leviers sont déjà utilisés dans l’industrie et le tertiaire. Ils ont donc toute leur place dans l’événementiel, notamment pour les salons, conventions ou congrès de grande ampleur.

Choisir des partenaires responsables

Les achats représentent aussi un levier important. Le choix de prestataires locaux, de matériaux réutilisables, d’une signalétique durable ou d’une restauration moins carbonée peut réduire l’impact global.

Ces décisions renforcent aussi la cohérence RSE de l’événement. Elles montrent que l’engagement environnemental ne se limite pas au discours.

Intégrer l’événementiel dans la stratégie climat

Un salon, un congrès ou une opération de sponsoring fait partie de l’activité réelle de l’entreprise. Il doit donc être intégré à sa stratégie climat et à son reporting RSE.

Cette approche permet de mieux suivre les progrès dans le temps. Elle aide aussi les entreprises à aligner leurs événements avec leurs engagements environnementaux.

Un événement bas-carbone commence par des objectifs mesurables. Les entreprises peuvent suivre plusieurs indicateurs : émissions par participant, part de trajets bas-carbone, consommation énergétique du site, taux de réemploi des matériaux ou part d’alimentation végétarienne.

Ces indicateurs doivent être simples, mais suivis dans le temps. Ils permettent de comparer plusieurs éditions et d’améliorer progressivement les pratiques. Sans mesure, la démarche reste déclarative.

La sobriété doit aussi devenir un réflexe stratégique. Elle ne signifie pas organiser des événements moins attractifs. Elle consiste plutôt à concentrer les moyens sur ce qui crée réellement de la valeur. Un événement plus sobre peut être plus clair, plus efficace et plus crédible.

Cette approche concerne aussi le sponsoring. Une entreprise peut choisir de soutenir des événements alignés avec ses engagements. Elle peut aussi demander des garanties aux organisateurs : bilan carbone, plan de réduction, gestion des déchets, énergie renouvelable ou accessibilité bas-carbone.

La Coupe du monde 2026 sera-t-elle la plus polluante de l’histoire ?

La Coupe du monde 2026 pourrait être l’une des plus polluantes jamais organisées. Son format élargi, ses 16 villes hôtes et les longues distances entre les sites augmentent fortement les émissions liées aux transports.

Pourquoi la Coupe du monde 2026 a-t-elle une empreinte carbone élevée ?

Son empreinte carbone est élevée principalement à cause des déplacements. Les supporters, équipes, médias, prestataires et sponsors devront voyager entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Quel est le principal poste d’émissions du Mondial 2026 ?

Le transport devrait représenter le principal poste d’émissions. Les vols internationaux et domestiques pèsent fortement dans le bilan carbone des grands événements répartis sur de vastes territoires.

Quelles leçons les entreprises peuvent-elles tirer de cet événement ?

Les entreprises doivent mesurer l’impact réel de leurs événements avant de communiquer. Elles peuvent aussi réduire les déplacements, optimiser l’énergie des sites et choisir des partenaires responsables.

Comment organiser un événement professionnel plus responsable ?

Un événement responsable repose sur des objectifs mesurables. Il faut limiter les trajets carbonés, choisir un lieu accessible, suivre les consommations d’énergie et privilégier des achats durables.