L’île d’Oléron fait partie des 109 « territoires d’électrification » retenus par le Gouvernement le 11 septembre 2026. Son ambition : remplacer peu à peu le fioul et l’essence par une électricité produite en grande partie sur place, grâce au solaire. Comment fonctionne ce dispositif, et que peut en retenir une collectivité qui veut se lancer ?
Oléron : une île qui importe presque toute son énergie
Oléron est la plus grande île de France métropolitaine après la Corse. Elle produit pourtant très peu d’électricité. L’île dépend presque entièrement du continent pour ses besoins en énergie.
Le défi ne se limite pas à l’électricité. Le chauffage des bâtiments, les transports et les activités maritimes reposent encore largement sur le fioul et les carburants. C’est précisément ce que vise le statut de territoire d’électrification : remplacer ces énergies fossiles par de l’électricité.
Les élus oléronais misent d’abord sur le solaire, porté par le projet intercommunal Solair’IO. Il prévoit des panneaux photovoltaïques sur les toitures et les ombrières pour alimenter les bâtiments publics de l’île. L’intercommunalité veut aussi sortir du fioul domestique et développer la recharge des véhicules électriques. L’horizon affiché est une électrification complète d’ici 2050.
Territoires d'électrification : comment fonctionne le dispositif ?
Le programme « 100 territoires d’électrification » est la première mesure du plan d’électrification des usages présenté par le Gouvernement le 23 avril 2026. Ce plan compte 22 mesures. Il cible les secteurs les plus dépendants des énergies fossiles : transports, bâtiment, industrie et artisanat.
Le principe est simple. Des territoires volontaires s’engagent sur des projets ambitieux. En échange, ils bénéficient d’un accompagnement renforcé de l’État jusqu’en 2030.
Les chiffres de la sélection, publiés par l’ADEME :
- 197 candidatures examinées par les préfets et le Secrétariat général pour la planification écologique
- 109 territoires retenus, outre-mer compris
- 6 676 communes concernées, dont 87 % rurales ou à habitat dispersé
- six métropoles retenues : Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Grenoble
L’accompagnement est coordonné localement par l’ADEME, sous le pilotage des préfets. Il s’appuie notamment sur les réseaux France Services, France Rénov’ et La Poste. Il ne s’agit donc pas d’une simple subvention, mais d’un appui d’ingénierie pour faire avancer les projets plus vite. Le financement des travaux passe par d’autres leviers, comme le Fonds vert dédié à la transition écologique des collectivités.
Quels projets une collectivité peut-elle porter ?
Le champ est large. D’après l’ADEME, les projets des lauréats peuvent concerner :
- l’électrification des transports
- le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques
- la sortie du chauffage au fioul ou au gaz dans les bâtiments publics ou les logements
- le décommissionnement planifié de branches du réseau de gaz
- le soutien à l’électrification des artisans et des industriels
Les métropoles retenues s’engagent par exemple à décommissionner des branches de leur réseau de gaz. Les territoires ruraux, comme Oléron, partent souvent de besoins plus diffus : chauffage au fioul, longues distances en voiture, bâtiments publics anciens.
Calendrier : ce qui se passe d'ici fin 2026
Chaque lauréat doit désormais rédiger une feuille de route pluriannuelle avec le préfet, l’ADEME et ses partenaires. Elle précise les objectifs, les jalons annuels, les moyens humains et les aides attendues. Sa signature est prévue en fin d’année 2026.
Les premiers projets doivent démarrer dès la fin 2026. Pour les territoires lauréats, les prochaines semaines sont donc décisives : c’est maintenant que se fixent les priorités et les moyens.
Ce que les collectivités peuvent retenir de l'exemple d'Oléron
L’exemple oléronais montre qu’on n’a pas besoin d’être une métropole pour s’engager. Il suffit de partir de ses propres usages : quels bâtiments chauffent au fioul ? Quels trajets reposent sur la voiture thermique ? Quelles toitures pourraient produire de l’électricité ?
Trois réflexes aident à structurer une démarche, lauréat ou non :
- Faire l’inventaire des consommations fossiles du patrimoine public.
- Repérer les surfaces disponibles pour produire de l’électricité renouvelable (toitures, parkings).
- Anticiper l’approvisionnement : électrifier les usages fait monter la consommation d’électricité, donc le poids du contrat de fourniture dans le budget.
Votre collectivité ne fait pas partie des 109 territoires d’électrification ? Rien n’empêche d’avancer avec les dispositifs existants, comme les certificats d’économies d’énergie (CEE).