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Energies renouvelables

Produire son électricité en entreprise : solutions et démarches

Panneaux solaires photovoltaïques en toiture et ombrières de parking équipant un bâtiment

Produire son électricité en entreprise consiste à installer un moyen de production sur son site, le plus souvent des panneaux solaires photovoltaïques, pour couvrir une partie de sa consommation. Ce modèle réduit la facture d’électricité, sécurise une part du coût énergétique et répond à des obligations réglementaires désormais nombreuses. Pour un bâtiment tertiaire ou industriel, l’électricité produite sur place et consommée directement vaut bien plus qu’un kilowattheure revendu au réseau.

L’enjeu n’est pas seulement technique. Il consiste à choisir la bonne surface, le bon modèle économique et le bon mode de financement, puis à piloter la consommation pour maximiser le retour sur investissement.

Ce qu'il faut retenir

Pourquoi une entreprise a intérêt à produire son électricité

Le premier levier est financier. Chaque kilowattheure autoconsommé est un kilowattheure qui n’est pas acheté au réseau. L’économie porte donc sur le prix complet de l’électricité, taxes et acheminement compris, bien supérieur au tarif de revente du surplus.

Le deuxième levier est la prévisibilité. Produire une partie de son électricité réduit l’exposition à la volatilité des prix de marché. C’est un point sensible pour les sites à forte consommation diurne.

Trois autres bénéfices complètent le tableau :

  • Résilience : un site partiellement autonome dépend moins des aléas de prix et d’approvisionnement.
  • Décarbonation et RSE : la production solaire locale réduit l’empreinte carbone déclarée et alimente le reporting extra-financier.
  • Conformité réglementaire : plusieurs obligations imposent déjà d’équiper toitures et parkings, comme détaillé ci-dessous.

Le cadre réglementaire à connaître

Trois dispositifs structurent aujourd’hui les projets solaires des entreprises. Ils se cumulent et concernent des surfaces différentes.

Obligation de solarisation des toitures

Le Code de la construction et de l’habitation impose d’intégrer un procédé d’énergie renouvelable ou de végétalisation sur les toitures des bâtiments non résidentiels neufs, en extension ou en rénovation lourde de plus de 500 m². Le taux minimal de couverture est passé à 40 % au 1er juillet 2026, puis atteindra 50 % en 2027. Les bâtiments existants de plus de 500 m² seront concernés à compter de 2028.

Ombrières sur parkings (loi APER)

L’article 40 de la loi du 10 mars 2023 impose de couvrir au moins 50 % de la surface des parkings extérieurs de plus de 1 500 m² par des dispositifs d’ombrage intégrant de la production d’énergie renouvelable. Les échéances sont fixées au 1er juillet 2026 pour les parkings d’au moins 10 000 m² et au 1er juillet 2028 pour ceux de 1 500 à 10 000 m². Un report jusqu’en 2030 reste possible sous conditions contractuelles strictes. La loi du 26 novembre 2025 autorise désormais un montage mixte photovoltaïque et végétalisation. Le non-respect expose à une amende annuelle de 20 000 à 40 000 € par site.

Décret tertiaire (dispositif Éco Énergie Tertiaire)

Les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² doivent réduire leur consommation d’énergie finale de 40 % d’ici 2030, 50 % d’ici 2040 et 60 % d’ici 2050. Les consommations se déclarent chaque année sur la plateforme OPERAT de l’ADEME. L’autoconsommation photovoltaïque est l’un des leviers comptabilisés pour atteindre ces objectifs.

Quelle solution selon votre bâtiment

Le photovoltaïque domine les projets d’entreprise, car il s’adapte à la plupart des surfaces disponibles. Le choix dépend surtout de la configuration du site.

  • Toiture de bâtiment (bureaux, entrepôt, atelier, usine) : la solution la plus courante. Elle mobilise une surface déjà artificialisée et rapproche la production des points de consommation.
  • Ombrière de parking : elle combine mise en conformité avec la loi APER et production d’électricité. Elle protège aussi les véhicules et permet d’intégrer des bornes de recharge.
  • Hangar ou bâtiment logistique : les grandes toitures offrent un fort potentiel de puissance installée.
  • Foncier disponible : une centrale au sol peut convenir sur friche industrielle ou dans une zone d’accélération des énergies renouvelables définie par la commune.

 

Un point administratif utile : depuis le 1er décembre 2024, les ombrières photovoltaïques de moins de 3 MWc relèvent d’une simple déclaration préalable, et non d’un permis de construire.

Autoconsommation, vente du surplus, PPA, tiers-investissement : quel modèle économique

Le modèle économique se choisit selon la taille de l’installation et le profil de consommation.

Autoconsommation avec vente du surplus

L’entreprise consomme d’abord sa production, puis injecte et vend l’excédent. Depuis l’arrêté du 1er juin 2026, le tarif d’achat du surplus est fixé à 1,1 c€/kWh HT, avec une indexation annuelle de 2 %, pour les installations jusqu’à 100 kWc. Ce même arrêté a supprimé la prime à l’autoconsommation, qui n’est plus versée depuis le 5 juin 2026. Le modèle repose donc désormais sur l’électricité non achetée, pas sur la revente. (cre.fr)

Autoconsommation totale

Toute la production est consommée sur place, sans injection. La déclaration auprès du gestionnaire de réseau reste obligatoire, même sans vente.

Complément de rémunération et appels d'offres

Au-delà de 100 kWc, les projets relèvent du complément de rémunération ou d’appels d’offres pilotés par la Commission de régulation de l’énergie.

Corporate PPA (contrat d'achat d'électricité)

Le Corporate PPA est un contrat de long terme qui fixe le prix de l’électricité produite entre le producteur et l’entreprise consommatrice. Il convient aux gros consommateurs qui cherchent à sécuriser leur coût sur dix à vingt ans.

Tiers-investissement

Un tiers finance, installe et exploite l’installation. L’entreprise achète l’électricité produite ou loue sa toiture, sans engager de capital. Ce montage supprime le frein du CAPEX initial.

Dimensionner l'installation selon votre courbe de charge et votre puissance souscrite

Une installation rentable n’est pas une installation surdimensionnée. Elle est calée sur la consommation réelle du site.

Le point de départ est l’analyse de la courbe de charge. Elle montre quand l’entreprise consomme, à quelle puissance et à quels moments de la journée. Un site actif en journée, du lundi au vendredi, se prête particulièrement bien au solaire.

L’objectif est de maximiser le taux d’autoconsommation. Autrement dit, produire au moment où l’entreprise consomme. Plusieurs leviers y contribuent :

  • Optimisation de la puissance souscrite : ajuster le contrat d’acheminement (TURPE) au besoin réel évite de payer une puissance inutilisée.
  • Pilotage par une GTB : la gestion technique du bâtiment déplace certains usages vers les heures de production.
  • Stockage et recharge de véhicules : une batterie ou une flotte de bornes absorbe la production excédentaire de milieu de journée.

Financement, fiscalité et aides pour les professionnels

Le financement conditionne souvent la décision. Trois approches coexistent : l’achat direct (CAPEX), le crédit-bail, et le tiers-investissement sans apport. Le choix dépend de la trésorerie disponible et de la volonté de porter l’actif au bilan.

Côté fiscalité, une entreprise assujettie récupère généralement la TVA sur l’investissement, et les revenus de revente sont intégrés au résultat imposable. Les règles varient selon le régime et le statut : une vérification auprès d’un expert-comptable reste indispensable.

Côté aides, la prime à l’autoconsommation a disparu pour les nouvelles installations. Les montants et dispositifs de soutien évoluent régulièrement et doivent être vérifiés au moment du projet. Le retour sur investissement d’une ombrière se situe fréquemment entre 8 et 12 ans, mais il dépend de la surface, du taux d’autoconsommation et du coût de l’électricité évitée.

Démarches, raccordement, conformité et exploitation-maintenance

Le parcours administratif d’un projet professionnel suit une trame claire.

  1. Urbanisme : déposer une déclaration préalable, ou un permis de construire pour les projets d’ampleur. Une personne morale dépose par voie dématérialisée dans les communes concernées.
  2. Raccordement : adresser la demande à Enedis, ou à l’entreprise locale de distribution compétente. Une convention d’autoconsommation encadre l’injection éventuelle du surplus.
  3. Conformité électrique : obtenir l’attestation de conformité délivrée par le Consuel avant la mise en service.
  4. Exploitation et maintenance : mettre en place un suivi de production, un contrat de maintenance et une assurance adaptée. Les panneaux en fin de vie relèvent de la filière de recyclage des équipements électriques (DEEE).

 

Ne signez jamais sous pression. Comparez plusieurs devis, vérifiez les qualifications, les garanties et la solidité du modèle économique proposé.

FAQ

Quelles obligations imposent l'installation de panneaux solaires en entreprise ?

Trois obligations imposent aux entreprises d’installer des panneaux solaires. Les toitures de bâtiments non résidentiels de plus de 500 m² (neufs ou en rénovation lourde) doivent intégrer un procédé d’énergie renouvelable, avec un taux de couverture de 40 % au 1er juillet 2026, puis 50 % en 2027. Les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² doivent être couverts à 50 % par des ombrières photovoltaïques (loi APER), sous peine d’une amende de 20 000 à 40 000 € par site.

Pourquoi une entreprise a-t-elle intérêt à produire sa propre électricité ?

Une entreprise a intérêt à produire sa propre électricité d’abord pour des raisons financières : chaque kilowattheure autoconsommé n’est pas acheté au réseau, ce qui fait économiser le prix complet de l’électricité, taxes et acheminement compris. La production locale apporte aussi de la prévisibilité face à la volatilité des prix, de la résilience, un gain de décarbonation pour le reporting RSE et une mise en conformité réglementaire.

Combien de temps faut-il pour rentabiliser une installation solaire professionnelle ?

Le retour sur investissement d’une ombrière ou d’une installation solaire professionnelle se situe fréquemment entre 8 et 12 ans. Cette durée dépend de trois facteurs : la surface installée, le taux d’autoconsommation atteint et le coût de l’électricité évitée. Plus l’entreprise consomme directement sa production au moment où elle produit, plus le temps de retour se raccourcit.

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