Depuis la fin février, le conflit au Moyen-Orient perturbe le détroit d’Ormuz et fait grimper le prix du gaz. Au 1er octobre 2026, le prix repère du gaz publié par la CRE a encore augmenté de 6,3 %. Votre facture d’électricité, elle, réagit beaucoup moins vite. Voici pourquoi, et ce que vous pouvez vérifier dès aujourd’hui.
Ormuz : où en est l'approvisionnement en pétrole ?
Avant le conflit, environ un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde transitait par le détroit d’Ormuz. Les frappes israélo-américaines contre l’Iran, lancées fin février 2026, ont fortement perturbé ce passage.
La situation s’améliore côté pétrole. Selon la société de suivi maritime Kpler, citée par l’AFP le 5 octobre 2026, les exportations de brut du Moyen-Orient hors Iran ont dépassé la semaine dernière leur moyenne d’avant-guerre, soit 18 millions de barils par jour. Une partie des flux contourne Ormuz par la mer Rouge.
Les pays consommateurs puisent aussi dans leurs stocks. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué le 3 octobre que 325 millions de barils de réserves stratégiques ont été libérés depuis mars, sur les 400 millions promis.
Gaz : pourquoi votre facture augmente déjà
Le gaz est la première énergie concernée pour les ménages. Selon la CRE, le prix repère de vente de gaz atteint 182,88 € TTC/MWh en octobre 2026, contre 172,05 € en septembre. C’est une hausse de 6,3 % en un mois, après +5,6 % en septembre.
Ce prix repère suit les marchés de gros avec un mois de décalage. Celui d’octobre reflète la flambée des cours du gaz observée en août. Seule la part « approvisionnement » a bougé : les coûts de réseau et les taxes restent identiques.
Attention, le prix repère n’est pas un tarif obligatoire. Il sert de référence. Si votre offre de gaz est indexée sur ce repère, votre facture suit la hausse. Si vous avez souscrit une offre à prix fixe, le prix du kWh hors taxes ne bouge pas pendant la durée prévue au contrat.
Électricité : pourquoi l'impact est plus limité
La France produit son électricité presque sans gaz. Selon le Bilan électrique 2025 de RTE, 95,2 % de l’électricité produite en métropole était d’origine décarbonée, nucléaire et renouvelable.
Le tarif réglementé de l’électricité évolue rarement et de façon encadrée. Sa dernière évolution date du 1er août 2026 : +2,5 % TTC en moyenne, pour environ 20 millions de foyers. La CRE l’explique par la hausse du coût des réseaux (TURPE) et l’intégration du nouveau mécanisme de capacité. La composante énergie n’est pas la cause principale de cette hausse.
L'électricité est-elle totalement à l'abri ?
Non, et il faut le dire clairement. Le marché de l’électricité est européen. Dans de nombreux pays voisins, les centrales à gaz fixent souvent le prix de gros, surtout en hiver.
RTE l’a relevé dès son bilan du premier semestre 2026. Les prix à terme français pour le quatrième trimestre ont augmenté, car les acteurs anticipent une corrélation plus forte entre prix du gaz et prix de l’électricité en période hivernale. Les prix français restent toutefois inférieurs à ceux de l’Allemagne et de l’Italie, selon le gestionnaire de réseau.
Une tension durable sur le gaz peut donc finir par peser sur les offres d’électricité indexées sur le marché. C’est moins direct et plus lent que pour le gaz.
Concrètement, que vérifier sur vos contrats ?
Commencez par regarder vos deux contrats, gaz et électricité. Trois points suffisent :
- Le type de prix : Fixe, indexé sur un tarif de référence ou indexé sur le marché ? l’information figure dans vos conditions particulières.
- La date d’échéance : une offre à prix fixe a une durée. Notez quand elle se termine.
- Votre consommation annuelle : elle apparaît sur votre facture. Elle vous permet de comparer les offres en euros, pas seulement en pourcentage.
Vous envisagez de changer de fournisseur d’électricité ? La démarche est simple. Il n’y a pas de coupure : le réseau et le compteur restent les mêmes. Votre nouveau fournisseur s’occupe de résilier l’ancien contrat à votre place.
Gaz, électricité, Ormuz : ce qu'il faut retenir
La crise d’Ormuz pèse d’abord sur le prix du gaz, avec une hausse de 6,3 % du prix repère au 1er octobre 2026. Le prix de l’électricité en France résiste mieux, grâce à une production décarbonée à plus de 95 %. Il n’est pas immunisé pour autant, car il dépend aussi des marchés européens.