Les prix de gros de l’électricité sont repartis nettement à la hausse cet automne. De quoi redouter une flambée du tarif réglementé, le « tarif Bleu », au 1er février 2027 ? La réponse est plus nuancée que les gros titres. Le tarif ne suit pas le marché au jour le jour, et une partie de la prochaine évolution est déjà connue.
Pourquoi les prix de gros montent en ce moment
Sur le marché de gros, le prix de l’électricité a fortement rebondi. La moyenne du prix spot day-ahead français est passée d’environ 40 €/MWh au printemps à plus de 130 €/MWh en septembre. Certaines journées ont même vu le prix bondir de plus de 40 % d’un jour à l’autre.
La cause principale est le gaz. La hausse des cours du gaz en Europe, sur fond de tensions au Moyen-Orient, tire mécaniquement les prix de l’électricité vers le haut. Le gaz reste souvent la centrale qui fixe le prix aux heures de pointe. L’approche de l’hiver et une production renouvelable variable amplifient les à-coups.
Ce marché concerne d’abord les producteurs et les fournisseurs. Il ne se répercute pas directement, ni immédiatement, sur toutes les factures.
Le tarif réglementé ne suit pas le marché au jour le jour
Le tarif Bleu obéit à des règles précises, pas aux soubresauts quotidiens. Il évolue à dates fixes, le 1er février et le 1er août, et la prochaine échéance est le 1er février 2027.
Surtout, la part « énergie » du tarif ne se calcule pas sur le prix d’un jour. La CRE la construit à partir des prix à terme, achetés de façon lissée sur les deux années précédant la livraison. Un pic ponctuel se dilue donc dans cette moyenne sur 24 mois. Ce qui compte, c’est le niveau durable des prix à terme, pas une flambée d’un mois.
Depuis la fin de l’ARENH, fin 2025, cette part énergie dépend davantage du marché qu’avant. Le lien s’est renforcé, mais il reste amorti par le lissage.
Ce qui est déjà acté pour février 2027
Une partie de la prochaine évolution ne vient pas du marché. Dans sa délibération du 15 juillet 2026, la CRE a préparé le mouvement de février 2027 : le rattrapage des coûts de réseau, plafonné à +3 % cet été, doit être étalé sur les révisions suivantes. Une part de régularisation est donc déjà attendue.
Pour mémoire, la hausse d’août 2026 (+2,5 % TTC) ne venait pas non plus du marché de gros : elle tenait au tarif d’acheminement (TURPE) et au mécanisme de capacité. La baisse de l’accise, de 30,85 à 30,62 €/MWh, en avait amorti une partie.
Le calendrier est clair. La CRE propose le barème, les pouvoirs publics tranchent. La proposition est en général présentée en janvier.
Êtes-vous concerné ? Ça dépend de votre contrat
Tout se joue sur la nature de votre offre.
Au tarif Bleu ou sur une offre indexée dessus, vous ne voyez rien avant le prochain mouvement, au 1er février 2027. À prix fixe, votre prix du kWh hors taxes est verrouillé ; attention, le fixe ne bloque en général ni l’acheminement ni les taxes, soit une bonne moitié de la facture. En tarification dynamique, votre prix suit le marché en direct : c’est ce contrat qui ressent tout de suite les pics actuels.
Comment s'y préparer
Premier réflexe : repérez si votre contrat est à prix fixe ou indexé. L’information figure sur votre facture.
Comparez ensuite les offres. Le tarif réglementé sert justement de repère pour situer la vôtre : vous pouvez découvrir les offres de Primeo Energie pour vous positionner.
Le levier le plus durable reste votre consommation. Décaler les usages vers les heures creuses et mieux isoler pèsent plus, sur l’année, que les mouvements de tarif. Enfin, changer de fournisseur reste simple et sans risque : le réseau ne change pas, aucune coupure n’est à craindre, et le nouveau fournisseur gère les démarches.