Le prix spot de l’électricité a dépassé 250 €/MWh le 2 novembre, un niveau inédit depuis décembre 2022. Pour une entreprise, l’impact dépend presque entièrement de son contrat. Voici comment savoir si vous êtes concerné, et ce que vous pouvez faire avant le cœur de l’hiver.
Un prix spot au plus haut depuis fin 2022
Le prix spot, ou prix day-ahead, est fixé chaque jour sur la bourse EPEX SPOT pour l’électricité livrée le lendemain. Le 2 novembre 2026, sa moyenne journalière a atteint 256 €/MWh en France. Le 4 novembre, il restait autour de 248 €/MWh, soit environ 42 % de plus que la moyenne des 30 jours précédents.
Ces niveaux restent ponctuels. Ils montrent cependant que le marché de gros est entré dans l’hiver sous tension.
Pourquoi le prix grimpe en ce début novembre
Deux facteurs se cumulent. La production éolienne est faible en Europe depuis plusieurs jours, et les températures baissent. Pour couvrir la demande, le système fait davantage appel aux centrales à gaz.
Or, sur le marché de gros, c’est souvent la dernière centrale appelée qui fixe le prix. Quand il s’agit d’une centrale à gaz, le prix de l’électricité suit le coût du gaz. Ce coût reste élevé cette année en raison des tensions au Moyen-Orient.
Votre contrat détermine votre exposition
Toutes les entreprises ne subissent pas ces pics de la même façon. Tout dépend de la manière dont votre prix est construit.
Offre à prix fixe. Le prix de la part énergie est bloqué pour la durée du contrat. Selon la CRE, cette part représente environ un tiers de la facture TTC. Les pics du marché spot ne vous touchent pas avant l’échéance. En revanche, les autres composantes (acheminement, taxes, capacité) peuvent évoluer selon les règles prévues au contrat.
Offre indexée sur le marché. Votre prix suit une référence de marché selon une formule. Si cette référence est le prix spot mensuel, la hausse de novembre se retrouvera sur vos prochaines factures.
Offre spot ou tarification dynamique. Votre prix suit le marché jour par jour, voire heure par heure. C’est la formule la plus exposée en période de tension. C’est aussi celle qui récompense le plus le décalage des consommations.
Tarif réglementé (TRVE). Il reste accessible à certaines très petites entreprises. Il ne suit pas le spot au jour le jour : la CRE le calcule à partir de prix à terme lissés, avec un décalage dans le temps.
Ce que disent les prix à terme
Les contrats à terme indiquent que la tension se concentre sur l’hiver. Le contrat pour livraison en décembre 2026 s’échangeait autour de 213 €/MWh fin octobre. Le contrat calendaire 2027 se situait vers 128 €/MWh, et le 2028 autour de 71 €/MWh.
Ces prix sont des anticipations, pas des prévisions garanties. Ils évoluent chaque jour avec la météo, le gaz et la disponibilité du parc de production.
Quatre réflexes avant l’hiver
Relisez votre contrat. Repérez sa catégorie (prix fixe, indexé, dynamique), la référence d’indexation si elle existe, et la date d’échéance. Ces informations figurent dans vos conditions particulières.
Identifiez vos usages en pointe. Pour l’hiver 2026-2027, RTE retient les plages 7 h-10 h et 17 h-20 h comme périodes de pointe du mécanisme de capacité. Décaler une partie de votre consommation hors de ces créneaux réduit votre exposition, surtout en offre spot.
Étudiez la flexibilité. Certains sites peuvent valoriser leur capacité à réduire leur consommation lors des pics. C’est le principe de l’effacement.
Ne décidez pas dans l’urgence. Fixer un prix aujourd’hui, c’est intégrer les niveaux actuels du marché à terme. Demandez une simulation chiffrée sur votre profil de consommation avant de changer de formule.