publié le 08/06/2026
Temps de lecture : 5 minutes
Les marchés de l’énergie
Nucléaire
Gravelines 2 : EDF prolonge l’arrêt du réacteur d’une journée
EDF a prolongé d’un jour l’arrêt de son réacteur Gravelines 2, d’une capacité de 910 MW. Initialement prévue pour un redémarrage dimanche en fin d’après-midi, la tranche, coupée depuis le 3 juin, devrait finalement reprendre son activité ce lundi soir à 18h15. Malgré ce contretemps, la disponibilité du parc nucléaire français s’est nettement améliorée de plus de 3 GW en 24 heures pour atteindre 42,4 GW, grâce au retour sur le réseau de plusieurs autres unités.
Électricité
La production française retrouve ses sommets
Portée par une meilleure disponibilité du parc d’EDF, la production nucléaire française a bondi de 4 % sur les cinq premiers mois de l’année pour atteindre 162 TWh, signant sa meilleure performance pour cette période depuis 2019.
Pour le seul mois de mai, la production d’atome a même enregistré un record depuis sept ans à 28,7 TWh, confirmant le net redressement du secteur après les crises de corrosion sous contrainte et de la pandémie. Cette hausse coïncide avec une forte progression de près de 10 % des énergies renouvelables, portée par l’éolien (+14 %) et le solaire (+15 %), ce qui a propulsé la production électrique globale de la France à 239 TWh.
Dans un contexte de consommation nationale en légère baisse (-0,4 %), ce surplus d’énergie a permis à la France de faire grimper ses exportations nettes d’électricité de 39 % (à 42,8 TWh) vers ses voisins européens, principalement l’Italie, le Royaume-Uni et la Suisse, consolidant ainsi son rôle de pilier énergétique sur le continent.
Baseload 2027
Prix de clôture du 05/06/2026 :
56,75 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 : +3,35 %
Baseload 2028
Prix de clôture du 05/06/2026 :
51,84 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 :
+1,47 %
Baseload 2029
Prix de clôture du 05/06/2026 :
54,60 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 :
+0,83 %
Baseload 2030
Prix de clôture du 05/06/2026 :
59,00 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 :
+1,94 %
Peakload 2027
Prix de clôture du 05/06/2026 :
62,35 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 :
+1,75 %
Peakload 2028
Prix de clôture du 05/06/2026 :
59,66 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 :
+0,61 %
Peakload 2029
Prix de clôture du 05/06/2026 : 62,99 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 : +0,54 %
Peakload 2030
Prix de clôture du 05/06/2026 : 69,06 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 :
+1,71 %
Gaz
Le gaz européen flambe face aux tensions Iran-Israël
Les prix du gaz européen ont bondi ce lundi à leur plus haut niveau depuis la fin mai. Cette hausse fait suite aux échanges de frappes de missiles entre Israël et l’Iran. Ces affrontements menacent directement le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis avril. Le contrat de référence sur le marché néerlandais (TTF) a ainsi grimpé pour dépasser les 51 €/MWh.
Les traders redoutent que cette escalade ne bloque durablement le détroit d’Hormuz, point de passage crucial pour un cinquième du GNL mondial. Selon les analystes, la géopolitique va entièrement dicter la tendance cette semaine, et de nouveaux combats pourraient propulser les prix vers les 60 €/MWh à l’approche de l’été.
Le marché subit une pression d’autant plus forte que les stocks de gaz européens sont bas, affichant un niveau inférieur de plus de 8 % par rapport à l’année dernière. De plus, l’Europe doit faire face à la concurrence de l’Asie, dont les importations de GNL augmentent, malgré un approvisionnement stable en provenance de Norvège.
Gaz 2027
Prix de clôture du 05/06/2026 :
62,35 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 : +1,75 %
Gaz 2028
Prix de clôture du 05/06/2026 :
59,66 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 :
+0,61 %
Gaz 2029
Prix de clôture du 05/06/2026 :
62,99 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 : +0,54 %
Gaz 2030
Prix de clôture du 05/06/2026 :
69,06 €/MWh
Variation depuis le 25/05/2026 :
+1,71 %
Pétrole
Escalade au Moyen-Orient : les cours du pétrole s’envolent
Face aux frappes directes réciproques entre Israël et l’Iran, les cours du pétrole ont bondi de près de 5 % ce lundi, portant le baril de Brent à 97,65 dollars et le WTI américain à 94,96 dollars. Cette flambée fait suite à des bombardements israéliens sur des cibles militaires iraniennes à Téhéran, Tabriz et Ispahan, survenus en réponse à des tirs de missiles de la République islamique, et ce, malgré les appels à la retenue du président américain.
Cette nouvelle escalade militaire, jugée comme la plus grave depuis l’accord du 8 avril, fragilise considérablement un cessez-le-feu déjà précaire et paralyse les négociations de paix, Téhéran pointant par ailleurs du doigt la responsabilité et la coordination de Washington avec l’État hébreu. Néanmoins, le marché reste pour le moment en deçà de son sommet de fin avril à 126,41 dollars.
Selon les analystes, cette relative modération s’explique d’abord par la stratégie de la Chine. En réduisant ses importations et en puisant dans ses propres réserves, Pékin joue un rôle clé de rééquilibrage. De plus, les efforts diplomatiques menés par Washington et le Pakistan permettent de temporiser. La communication de la Maison Blanche maintient l’espoir d’un accord rapide avant que la baisse des stocks mondiaux ne provoque de réelles pénuries.
Prix de clôture du 05/06/2026 : 88,61 $/bbl
Variation depuis le 25/05/2026 : -2,43 %
Charbon
Le charbon flambe de 5 % dans le sillage du gaz et des risques climatiques
Les prix du charbon européen ont bondi de près de 5 % ce lundi matin, le contrat de référence API 2 atteignant 133,30 dollars la tonne. Cette hausse brutale est directement entraînée par la flambée des cours du gaz, elle-même provoquée par les tensions militaires entre Israël et l’Iran qui menacent le transit de GNL dans le détroit d’Hormuz.
Pourtant, la demande physique en Europe reste faible en cette basse saison, et les stocks des terminaux d’Amsterdam, Rotterdam et Anvers ont même progressé de 9 % en une semaine pour atteindre leur plus haut niveau depuis novembre 2025. Selon les analystes, la hausse actuelle s’explique plutôt par des achats agressifs de quelques acteurs sur le marché financier, mais aussi par des craintes à plus long terme liées au phénomène climatique El Niño.
Les prévisions de sécheresse en Inde et en Chine pourraient en effet y réduire la production d’hydroélectricité, ce qui contraindrait ces pays à importer massivement du charbon pour compenser, créant ainsi des tensions mondiales sur l’offre.
Prix de clôture du 05/06/2026 : 124,25$/t
Variation depuis le 25/05/2026 : -0,10 %
CO2
L’UE prête à geler l’annulation automatique des quotas excédentaires
Les législateurs européens pourraient s’accorder dès le mois de septembre pour stopper l’annulation automatique des quotas de CO2 excédentaires dans la réserve de stabilité du marché (MSR). Selon l’eurodéputé Peter Liese, le Parlement européen votera sa position après l’été. Si un consensus rapide est trouvé avec les États membres, la mesure entrera en vigueur quasi immédiatement.
Proposée par la Commission européenne, cette réforme vise à conserver ces quotas pour faire face à d’éventuelles pénuries futures et limiter la volatilité des prix. Actuellement, les quotas de la réserve sont automatiquement supprimés lorsqu’ils dépassent les 400 millions. Cette initiative s’inscrit dans un calendrier législatif dense, alors que Bruxelles prévoit de nouvelles modifications de son marché du carbone à la mi-juillet pour s’aligner sur l’objectif de baisse de 90 % des émissions d’ici 2040.
Prix de clôture du 05/06/2026 : 76,96 €/t
Variation depuis le 25/05/2026 : +0,25 %
Garanties d’origine
Les prix rebondissent par peur de la sécheresse
Les prix des Garanties d’Origine (GO) européennes sont repartis à la hausse la semaine dernière. Jeudi dernier, le contrat d’hydroélectricité pour 2026 a grimpé à 1,85 €/MWh (contre 1,60 € la semaine précédente), tandis que l’échéance 2027 a atteint 1,70 €/MWh.
Ce rebond s’est accéléré en fin de semaine après un grand rassemblement du secteur à Prague, qui avait figé l’activité les jours précédents. Le marché est désormais dominé par la crainte d’un été chaud et sec. Les réserves d’hydroélectricité paneuropéennes affichent un déficit prévisionnel de 30 TWh pour l’entrée dans le mois de juillet, dont 20 TWh pour la seule région nordique.
Face à ce risque de pénurie, les producteurs retiennent leurs volumes pour éviter de devoir racheter des GO au prix fort plus tard, ravivant le souvenir de la crise de 2022 où les prix avaient atteint un record de 10 €/MWh. Certains traders anticipaient alors un retour rapide vers les 2 €/MWh dès cette semaine.
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