En 2026, le parc nucléaire français compte 57 réacteurs répartis sur 18 centrales, EPR de Flamanville inclus. La corrosion sous contrainte (CSC), qui avait fait chuter la production en 2022, est désormais traitée comme un phénomène d’exploitation courant. L’ASNR juge la situation maîtrisée, car EDF a identifié les tuyauteries les plus sensibles.
Le parc vieillissant reste toutefois soumis à de nombreux arrêts programmés : visites décennales et examens nécessaires à la poursuite de fonctionnement des réacteurs au-delà de quarante ans. Au 1er janvier 2026, 25 des 56 réacteurs hors EPR avaient dépassé ce seuil. En 2026, EDF achève les quatrièmes visites décennales du palier 900 MW et engage celles du palier 1 300 MW.
Ce qu'il faut retenir
- Le parc nucléaire français compte 57 réacteurs sur 18 centrales en 2026, EPR de Flamanville inclus.
- La corrosion sous contrainte, qui avait fait chuter la production en 2022, est désormais jugée maîtrisée par l’ASNR.
- EDF prévoit 350 à 370 TWh de production nucléaire en 2026, contre 279 TWh en 2022.
- 25 des 56 réacteurs hors EPR ont dépassé 40 ans et passent leurs visites décennales.
Les réacteurs du parc nucléaire touchés par la corrosion
La corrosion sous contrainte a été découverte fin 2021 sur le réacteur Civaux 1. Selon l’ASNR, plus de 80 fissures significatives ont été détectées depuis, dont certaines remettaient en cause la tenue mécanique des tuyauteries. Elles se situent à proximité de soudures des circuits RIS (circuit d’injection de sécurité) et RRA (circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt).
À la mi-2022, douze réacteurs, alors tous à l’arrêt, étaient concernés par les contrôles. EDF avait confirmé la corrosion sous contrainte sur Civaux 1, Chooz 1 et Penly 1, ainsi que sur le circuit RRA de Chinon 3. Des indications avaient aussi été détectées sur Chooz 2, Flamanville 1 et 2 et Cattenom 3. Les contrôles se poursuivaient sur Civaux 2, Bugey 3, Bugey 4 et Golfech 1.
Ces réacteurs ont depuis été réparés et remis en service : l’ASNR recensait 56 réacteurs en fonctionnement au 1er janvier 2026, hors EPR. Le phénomène n’a pas disparu pour autant. En juin 2025, deux nouvelles indications ont été détectées sur Civaux 2 lors d’un arrêt programmé.
Le programme de contrôles d'EDF sur les autres réacteurs
Depuis 2023, EDF applique une stratégie de contrôle consolidée sur les circuits les plus sensibles, lors des arrêts programmés des réacteurs. Les premiers contrôles de 2022 avaient porté sur cinq réacteurs du palier 900 MW en visite décennale : Tricastin 3, Gravelines 3, Dampierre 2, Blayais 1 et Saint-Laurent B2. Des « arrêts intermédiaires » avaient ensuite été programmés à partir du deuxième trimestre 20Le programme de contrôles d’EDF sur les autres réacteurs23 pour Penly 2, Saint-Alban 2, Paluel 2 et Cattenom 1.
EDF a désormais proposé une stratégie de surveillance et de maintenance à long terme des tuyauteries concernées, un sujet suivi de près par les instances de contrôle de la sûreté nucléaire. L’ASNR a annoncé se prononcer sur cette stratégie en 2026.
Production nucléaire en France : 2026 dans la continuité du redressement
EDF prévoit une production nucléaire comprise entre 350 et 370 TWh en 2026, EPR de Flamanville inclus. À fin septembre 2026, le parc avait produit 271,9 TWh, soit 1,1 % de plus qu’à la même date en 2025.L’année 2025, retracée dans notre rétrospective énergétique 2025, s’était conclue à 373,0 TWh.
Ce niveau tranche avec 2022, année de la crise de la corrosion sous contrainte. La production nucléaire était alors tombée à 279 TWh selon RTE, son plus bas niveau depuis 1988, contre 360,7 TWh en 2021. Elle est remontée à 320,4 TWh en 2023, puis à 361,7 TWh en 2024.
État des lieux des centrales du parc nucléaire français
Belleville-sur-Loire
- 2 réacteurs
- Mise en service : 1987 – 1988
- Production moyenne annuelle : 14,98 TWh
Blayais
- 4 réacteurs
- Mise en service : 1981 – 1983
- Production moyenne : 24,55 TWh
Bugey
- 4 réacteurs
- Mise en service : 1978 – 1979
- Production moyenne annuelle : près de 20 TWh
À l’arrêt en 2022 :
Bugey 3 et Bugey 4 : contrôles et investigations sur une possible corrosion sous contrainte.
Cattenom
- 4 réacteurs
- Mise en service : 1986 – 1991
- Production moyenne : 31,18 TWh
À l’arrêt en 2022 :
Cattenom 3 : indications à proximité des soudures du circuit d’injection de sécurité (RIS). Arrêt alors prévu jusqu’au 14 août 2022.
Chinon
- 4 réacteurs
- Mise en service : 1982 – 1987
- Production moyenne : 22,2 TWh
À l’arrêt en 2022 :
- Chinon 3 : corrosion sous contrainte localisée sur une soudure du circuit RRA.
- Chinon 4 : en arrêt programmé pour visite partielle depuis le 5 février 2022.
Chooz
- 2 réacteurs
- Mise en service : 1996 – 1997
- Production moyenne : 13,67 TWh
À l’arrêt en 2022 :
Chooz 1 et 2 : EDF a confirmé la présence de corrosion sous contrainte à proximité de soudures des circuits RIS (circuit d’injection de sécurité) et RRA (circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt) sur Chooz 1. Un défaut a aussi été détecté sur Chooz 2. Les deux réacteurs devaient rester à l’arrêt jusqu’au 31 décembre 2022.
Civaux
- 2 réacteurs
- Mise en service : 1997 – 1999
- Production moyenne : 12,37 TWh
- Suivi en 2025 : deux nouvelles indications de corrosion sous contrainte détectées sur Civaux 2 lors d’un arrêt programmé.
À l’arrêt en 2022 :
- Civaux 1 : présence de CSC à proximité de soudures des circuits RIS (circuit d’injection de sécurité) et RRA (circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt).
- Civaux 2 : contrôles et investigations sur une possible corrosion sous contrainte.
Cruas
- 4 réacteurs
- Mise en service : 1983 – 1985
- Production moyenne : 21,7 TWh
Dampierre
- 4 réacteurs
- Mise en service : 1980 – 1981
- Production moyenne : 20 TWh
Flamanville
3 réacteurs, dont l’EPR Flamanville 3, raccordé au réseau le 21 décembre 2024 et à l’arrêt depuis le 26 septembre 2026 pour sa première visite complète (environ 350 jours), une indisponibilité qui pèse sur les prévisions de prix de l’électricité cet hiver.
- Mise en service : 1985 – 1986 (EPR : 2024)
- Production moyenne annuelle : 18 TWh (réacteurs 1 et 2)
À l’arrêt en 2022 :
- Flamanville 1 et 2 : indications de corrosion sous contrainte (CSC) détectées sur des portions de tuyauteries des circuits auxiliaires du circuit primaire principal.
- Flamanville 1 : arrêt alors prévu jusqu’au 25 décembre 2022.
- Flamanville 2 : arrêt alors prévu jusqu’au 9 octobre 2022.
Golfech
- 2 réacteurs
- Mise en service : 1990 – 1993
- Production moyenne : 16 TWh
À l’arrêt en 2022 :
Golfech 1 : contrôles et investigations sur une possible corrosion sous contrainte.
Gravelines
- Plus grande centrale du pays
- 6 réacteurs
- Mise en service : 1980 – 1985
- Production moyenne annuelle : 32,6 TWh
Nogent-sur-Seine
- 2 réacteurs
- Mise en service : 1987 – 1988
- Production moyenne : 15,71 TWh
Paluel
- 4 réacteurs
- Mise en service : 1984 – 1986
- Production moyenne : 25,4 TWh
Penly
- 2 réacteurs
- Mise en service : 1990 – 1992
- Production moyenne : 16,5 TWh
À l’arrêt en 2022 :
- Penly 1 : EDF a confirmé la présence de corrosion sous contrainte à proximité de soudures des circuits RIS (circuit d’injection de sécurité) et RRA (circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt).
- Penly 2 : arrêt intermédiaire de contrôle programmé à partir du deuxième trimestre 2023.
Saint-Alban
- 2 réacteurs
- Mise en service : 1985 – 1986
- Production moyenne annuelle : 17,49 TWh
Saint-Laurent-des-Eaux
- 2 réacteurs
- Mise en service : 1981
- Production moyenne : 9 TWh
Tricastin
- 4 réacteurs
- Mise en service : 1980 – 1981
- Production moyenne : 23,79 TWh
FAQ
Combien de réacteurs nucléaires compte la France en 2026 ?
En 2026, la France compte 57 réacteurs nucléaires répartis sur 18 centrales, EPR de Flamanville inclus. Hors EPR, l’ASNR recensait 56 réacteurs en fonctionnement au 1er janvier 2026. La plus grande centrale du pays est Gravelines, avec 6 réacteurs.
Combien d’électricité produit le nucléaire en France en 2026 ?
EDF prévoit une production nucléaire comprise entre 350 et 370 TWh en France en 2026, EPR de Flamanville inclus. À fin septembre 2026, le parc nucléaire avait produit 271,9 TWh, soit 1,1 % de plus qu’à la même date en 2025.
Où en est la corrosion sous contrainte des réacteurs nucléaires en 2026 ?
En 2026, la corrosion sous contrainte des réacteurs nucléaires est traitée comme un phénomène d’exploitation courant. L’ASNR juge la situation maîtrisée, car EDF a identifié les tuyauteries les plus sensibles. Les réacteurs touchés en 2022 ont été réparés et remis en service, mais le phénomène n’a pas disparu.