publié le 18/03/2026
Temps de lecture : 5 minutesLes marchés de l’énergie
Électricité
Tensions politiques et mutation du système électrique fragilisent les équilibres européens
L’arrivée de nouveaux acteurs comme Tesla au Royaume-Uni illustre l’évolution du modèle énergétique, avec le développement de centrales électriques virtuelles reposant sur le stockage décentralisé et la flexibilité des consommateurs, signe d’un marché de plus en plus technologique et concurrentiel. À l’inverse, certaines régions restent confrontées à des crises sévères, comme à Cuba, où une nouvelle panne massive a privé une grande partie du pays d’électricité, révélant la vulnérabilité d’un système dépendant de ressources limitées et soumis à des contraintes d’approvisionnement en carburant. En Europe, les tensions sont davantage politiques et structurelles : la Suède menace de restreindre ses exportations d’électricité en réponse à des désaccords avec l’Union européenne sur le financement des infrastructures énergétiques, ce qui pourrait perturber les équilibres régionaux, notamment en Europe du Nord. Cette situation met en évidence l’importance croissante des interconnexions et des flux transfrontaliers dans la stabilité du système électrique européen.
Relance du nucléaire portée par souveraineté énergétique et nouveaux projets industriels
Le secteur nucléaire connaît un regain d’intérêt marqué, porté à la fois par les enjeux de souveraineté énergétique et de décarbonation. Du côté des matières premières, l’uranium bénéficie de cette dynamique, avec des perspectives de demande en hausse à mesure que de nombreux pays relancent ou prolongent leurs programmes nucléaires, renforçant son rôle stratégique dans le mix énergétique mondial. En France, cette relance se traduit concrètement par l’émergence de nouveaux acteurs industriels comme Jimmy Energy, qui développe des microréacteurs destinés à produire de la chaleur décarbonée pour l’industrie, avec un calendrier d’industrialisation qui s’accélère dès 2026. Parallèlement, les grands projets restent structurants en Europe, notamment au Royaume-Uni où de nouveaux contrats, comme celui remporté par Vinci, s’inscrivent dans la relance du parc nucléaire britannique. Cette dynamique confirme le rôle central du nucléaire dans la transition énergétique européenne, en complément des renouvelables.
Baseload 2027
Prix de clôture du 17/03/2026 :
55,54 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 : -3,59%
Baseload 2028
Prix de clôture du 17/03/2026 :
50,03 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026
-5,26%
Baseload 2029
Prix de clôture du 17/03/2026 :
52,36 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026
-3,84%
Baseload 2030
Prix de clôture du 17/03/2026 :
54,47 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026
-4,51%
Peakload 2027
Prix de clôture du 17/03/2026 :
62,77 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 :
+0,88%
Peakload 2028
Prix de clôture du 17/03/2026 :
57,53 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 :
-2,51%
Peakload 2029
Prix de clôture du 17/03/2026 : 60,11 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 : +1,03%
Peakload 2030
Prix de clôture du 17/03/2026 :
63,45 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 :
-2,44%
Gaz
Stocks sous pression et équilibre fragile dans un marché en mutation
Le marché du gaz évolue dans un contexte plus nuancé que celui du pétrole, mêlant tensions structurelles et signaux d’équilibrage progressif. En Europe, l’Allemagne alerte sur un manque d’incitations économiques à reconstituer les stocks, alors même que les niveaux restent relativement faibles, autour de 20 % en sortie d’hiver. Cette situation s’explique en partie par la transformation du marché, désormais plus flexible grâce au GNL, mais moins incitatif pour le stockage saisonnier traditionnel. En parallèle, la Commission de régulation de l’énergie en France a annoncé l’évolution du terme tarifaire de stockage à compter du 1er avril 2026, avec un impact modéré sur les prix finaux, illustrant un cadre régulatoire toujours actif pour sécuriser les infrastructures. Sur le plan de l’offre, des signaux positifs émergent avec le démarrage de nouvelles productions, notamment en Angola avec le lancement du gisement de Quiluma, qui contribue à diversifier les sources d’approvisionnement mondiales. Malgré cela, le marché reste sensible aux facteurs géopolitiques et à la concurrence internationale sur le GNL, notamment avec l’Asie.
Gaz 2027
Prix de clôture du 17/03/2026 :
38,44 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 :
+20,60%
Gaz 2028
Prix de clôture du 17/03/2026 :
27,32 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 :
+15,77%
Gaz 2029
Prix de clôture du 17/03/2026 :
23,50 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 : +9,13%
Gaz 2030
Prix de clôture du 17/03/2026 :
22,28 €/MWh
Variation depuis le 04/03/2026 :
+5,57%
Pétrole
PETROLE
Tensions géopolitiques ravivent la volatilité des prix et risques d’approvisionnement
Le marché pétrolier connaît actuellement un regain marqué de tension, directement lié à l’escalade géopolitique au Moyen-Orient. Les récentes attaques visant des infrastructures énergétiques, notamment dans le Golfe, ont entraîné un rebond rapide des prix du brut, les investisseurs craignant des perturbations de l’offre mondiale. Cette nervosité est renforcée par l’importance stratégique de la région, où transitent une part significative des flux pétroliers mondiaux, rendant le marché particulièrement sensible au moindre incident. Face à cette situation, l’Agence internationale de l’énergie se tient prête à mobiliser davantage de stocks stratégiques afin de stabiliser les prix et limiter les tensions sur l’approvisionnement. Toutefois, ces mesures restent perçues comme temporaires et insuffisantes si le conflit devait s’inscrire dans la durée. Par ailleurs, les marchés financiers restent prudents, oscillant entre phases de repli et regain d’aversion au risque, illustrant une forte volatilité des prix du pétrole. Malgré quelques tentatives d’apaisement ponctuelles, l’incertitude géopolitique continue de dominer les anticipations, alimentant le spectre d’un choc pétrolier en cas de perturbations prolongées.
Prix de clôture du 17/03/2026 : 95,02 $/bbl
Variation depuis le 04/03/2026 : +24,57%
Charbon
Retour du charbon en Asie face aux tensions sur le gaz
Le marché du charbon connaît un regain d’intérêt marqué en Asie, dans un contexte de fortes tensions sur les approvisionnements énergétiques mondiaux. Le conflit au Moyen-Orient perturbe fortement les flux de gaz naturel liquéfié, notamment via le détroit d’Ormuz, entraînant une flambée des prix et une raréfaction de l’offre disponible. Face à cette situation, de nombreux pays asiatiques réactivent massivement leurs capacités charbon pour sécuriser leur production électrique et contenir les coûts. Des pays comme le Bangladesh, les Philippines ou le Vietnam augmentent ainsi leur production à partir de charbon et réduisent leur dépendance au gaz. La Corée du Sud et le Japon suivent la même logique en maintenant, voire en augmentant, l’utilisation de leurs centrales à charbon. Cette tendance s’inscrit dans une dynamique plus large où le charbon redevient une énergie de sécurité, malgré les objectifs climatiques. En parallèle, certains gouvernements interviennent directement pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie, renforçant encore le rôle du charbon comme solution de court terme.
Prix de clôture du 17/03/2026 : 128,15 $/t
Variation depuis le 04/03/2026 : +1,38%
CO2
Rareté des quotas soutient les prix malgré débats sur assouplissement économique
Le marché du CO2 en Europe connaît actuellement des ajustements visant à concilier ambition climatique et contraintes économiques. Le système européen d’échange de quotas repose sur un principe de rareté croissante, avec une baisse du nombre de quotas disponibles afin de pousser les entreprises à réduire leurs émissions. Toutefois, face aux tensions industrielles et aux enjeux de compétitivité, certaines discussions émergent autour d’un assouplissement temporaire des règles pour éviter un impact trop brutal sur les secteurs les plus exposés. En parallèle, l’UE renforce son arsenal avec la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, entré en vigueur en 2026, qui impose un coût carbone sur certaines importations pour limiter les fuites de carbone. Ce dispositif vient compléter un marché déjà élargi à de nouveaux secteurs comme le maritime, et bientôt le transport et le bâtiment. Dans ce contexte, le prix du CO2 reste soutenu par la raréfaction des quotas, renforçant le signal économique en faveur de la décarbonation. Néanmoins, l’équilibre reste fragile entre pression réglementaire et acceptabilité économique.
Prix de clôture du 17/03/2026 : 66,67€/t
Variation depuis le 04/03/2026 : -9,08%
ENERGIES RENOUVELABLES
Croissance rapide mais contraintes d’intégration limitent l’impact sur les émissions
Le secteur des énergies renouvelables confirme son rôle central dans la transition énergétique mondiale, tout en faisant face à des défis structurels importants. Selon l’ONU, leur développement permet aux pays de réduire leur dépendance aux énergies fossiles et de gagner en sécurité énergétique, tout en créant des emplois et en atténuant l’impact de la volatilité géopolitique. Cependant, cette dynamique positive s’accompagne de paradoxes, notamment en Chine, où l’essor massif du solaire et de l’éolien coexiste avec des niveaux de pollution encore élevés et une dépendance persistante au charbon. Malgré des investissements record et une position de leader mondial dans les capacités installées, les infrastructures électriques peinent parfois à suivre, limitant l’intégration optimale des renouvelables dans le mix énergétique. Cette situation illustre les limites actuelles de la transition énergétique, où la croissance des capacités vertes ne se traduit pas immédiatement par une baisse significative des émissions. Par ailleurs, les enjeux industriels et économiques liés à la production des technologies renouvelables, souvent énergivores, compliquent encore l’équation climatique.
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