publié le 16/04/2026
Temps de lecture : 5 minutes
Les marchés de l’énergie
Électricité
La France s’électrifie pour s’affranchir des crises mondiales
En réponse à la flambée des prix du pétrole et du gaz provoquée par le conflit en Iran et les perturbations du détroit d’Ormuz, la France a annoncé un vaste plan d’électrification. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a fixé un objectif ambitieux : remplacer 85 TWh de gaz importé, soit 20 % des importations actuelles par de l’énergie produite localement d’ici 2030, en accélérant notamment l’électrification du chauffage et des transports.
Il a justifié cette orientation en soulignant que les crises étrangères se répercutent directement sur l’économie française, plaidant pour une transformation profonde des modes de consommation énergétique du pays. La mesure a été accueillie favorablement par les experts du secteur, qui y voient une stratégie pertinente pour renforcer la souveraineté et la résilience énergétique de la France face aux instabilités géopolitiques.
Blocus de l’Iran : Eni plaide pour le retour au pragmatisme russe
Face à l’explosion des prix causée par le blocus du détroit d’Ormuz, le PDG d’Eni exhorte l’Europe à suspendre l’interdiction du GNL russe prévue pour 2027. Pour Claudio Descalzi, la stabilité du réseau électrique prime sur la diplomatie, car ni le renouvelable ni le nucléaire ne peuvent compenser la perte des volumes iraniens.
Nucléaire
Stratégie foncière d’EDF : des extensions de centrales sous haute tension
EDF passe à l’offensive foncière pour sécuriser la transition de son parc énergétique. En cherchant à acheter des centaines d’hectares autour de ses centrales de la vallée de la Loire et du Centre, le géant de l’électricité anticipe le renouvellement de ses capacités nucléaires et le déploiement de nouvelles technologies bas carbone.
Toutefois, cette ambition se heurte à une double opposition. Sur le plan politique, les associations antinucléaires dénoncent une précipitation vers de nouveaux EPR. Sur le terrain, la colère gronde chez les agriculteurs locaux qui refusent de voir leurs terres sacrifiées pour des installations industrielles ou le stockage de déchets. Entre nécessité industrielle et acceptabilité sociale, EDF tente de verrouiller ses capacités foncières avant même que les décisions gouvernementales définitives ne soient publiées.
Baseload 2027
Prix de clôture du 15/04/2026 :
53,48 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 : -4,40%
Baseload 2028
Prix de clôture du 15/04/2026 :
51,07 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 :
+0,27%
Baseload 2029
Prix de clôture du 15/04/2026 :
54,31 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 :
+0,09%
Baseload 2030
Prix de clôture du 15/04/2026 :
57,93 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 :
-0,60%
Peakload 2027
Prix de clôture du 15/04/2026 :
61,01 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 :
–5,31%
Peakload 2028
Prix de clôture du 15/04/2026 :
60,46 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 :
-0,23%
Peakload 2029
Prix de clôture du 15/04/2026 : 64,05 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 : +0,25%
Peakload 2030
Prix de clôture du 15/04/2026 : 68,00 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 :
+2,10%
Gaz
Escalade au détroit d’Ormuz : le blocus américain fait trembler le marché du gaz
Le marché du gaz a fortement réagi à l’annonce par Donald Trump d’un blocus naval dans le détroit d’Ormuz, faisant suite à l’échec des négociations avec l’Iran. Cette escalade géopolitique a provoqué une hausse brutale des prix en Europe, avec un bond d’environ 18 %, dépassant les 49 €/MWh, dans un contexte de forte nervosité des marchés déjà sensibles aux perturbations de cette zone stratégique.
Dans un second temps, la tendance s’est inversée : les prix du gaz reculent, portés par l’espoir d’une reprise des discussions entre Washington et Téhéran. Cette baisse reste toutefois principalement liée au sentiment de marché, les fondamentaux évoluant peu. En effet, le détroit d’Ormuz demeure perturbé, les flux restent contraints et les stocks européens sont inférieurs à ceux de l’an dernier. Dans ce contexte, le marché reste très dépendant des annonces politiques, avec une perspective de court terme plutôt stable mais volatile.
Gaz 2027
Prix de clôture du 15/04/2026 :
34,02 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 : -13,00%
Gaz 2028
Prix de clôture du 15/04/2026 :
26,70 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 :
-6,20%
Gaz 2029
Prix de clôture du 15/04/2026 :
23,72 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 : –1,61%
Gaz 2030
Prix de clôture du 15/04/2026 :
22,68 €/MWh
Variation depuis le 01/04/2026 :
-0,86%
Pétrole
Volatilité accrue sur le brut dans un contexte géopolitique incertain
En début de semaine, les prix du pétrole se sont fortement envolés à la suite de l’annonce d’un blocus naval américain visant les installations portuaires iraniennes, propulsant le Brent et le WTI au-dessus des 100 $/bbl. Cette escalade, sur fond d’échec des premières négociations entre Washington et Téhéran, a ravivé les craintes autour du détroit d’Ormuz, point stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, faisant entrer le marché dans une phase de forte volatilité.
Depuis, la tendance s’est légèrement inversée, les prix reculent modérément après que Donald Trump a évoqué une possible reprise des discussions entre les États-Unis et l’Iran, redonnant un peu d’optimisme aux marchés. Malgré ce repli, la situation reste extrêmement fragile. Le blocus perturbe toujours les flux et les investisseurs restent prudents, tandis que l’International Energy Agency alerte sur un risque de baisse de l’offre mondiale. Le marché oscille ainsi entre tensions géopolitiques persistantes et espoirs de désescalade.
Prix de clôture du 15/04/2026 : 88,02 $/bbl
Variation depuis le 01/04/2026 : +0,23%
Charbon
Le charbon suit la hausse du gaz dans un climat de guerre
Le marché du charbon tente de se stabiliser alors que les tensions militaires dans le détroit d’Ormuz font trembler le secteur de l’énergie. Si les cours ont légèrement rebondi ce lundi, c’est principalement par solidarité avec le marché du gaz, lui-même dopé par l’annonce d’un embargo naval américain contre l’Iran.
Toutefois, le charbon ne connaît pas la même fièvre spéculative que le gaz. En Europe, la consommation s’essouffle à l’approche du printemps et les centrales thermiques peinent à être rentables. Avec des stocks portuaires en hausse et des livraisons en croissance de 19 %, l’offre physique est suffisamment solide pour empêcher une envolée spectaculaire des prix. Pour les traders, le charbon reste dans une position d’attente, coincé entre la volatilité géopolitique et une demande réelle morose.
Prix de clôture du 15/04/2026 : 112,50 $/t
Variation depuis le 01/04/2026 : –10,02%
CO2
Importations polluantes : le bouclier carbone de l’UE entre dans sa phase concrète
L’Europe franchit une étape clé dans sa politique climatique avec l’entrée en vigueur définitive de sa « taxe carbone » aux frontières. Pour ce premier trimestre 2026, tout industriel souhaitant importer des matériaux polluants (comme l’acier ou le ciment) dans l’Union devra payer 75,36 euros par tonne de CO2 émise lors de la fabrication.
Ce mécanisme vise à instaurer une concurrence loyale : il empêche les entreprises étrangères de vendre à bas prix des produits à forte empreinte carbone face à une industrie européenne déjà soumise à des normes environnementales strictes. Le système va gagner en précision dès l’année prochaine avec une actualisation des prix chaque semaine, marquant la fin progressive de l’avantage compétitif des pays moins régulés.
Prix de clôture du 15/04/2026 : 74,17€/t
Variation depuis le 01/04/2026 : -0,64%
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