Éolien et solaire font-ils monter ou baisser le prix de l’électricité ? La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a tranché le 9 septembre 2026, dans son premier rapport sur l’économie du système électrique français. Sa conclusion : le développement des renouvelables a fait baisser les prix, au bénéfice des consommateurs.
Ce que dit le rapport de la CRE
C’est un exercice inédit. Pour la première fois, la CRE a chiffré l’ensemble des coûts du système électrique français. En 2025, ils atteignent 55,9 milliards d’euros : 40 milliards pour la production et 15,9 milliards pour l’acheminement (les réseaux).
Le régulateur affiche un objectif clair : « démêler le vrai du faux ». À neuf mois de la présidentielle, l’énergie alimente de nombreux débats et parfois des idées fausses. Le rapport vise à remettre des chiffres solides sur la table.
Verdict sur les renouvelables : entre 2020 et 2025, leur développement a fait baisser les prix de gros d’environ 20 €/MWh par rapport à 2020. Ce recul profite aux consommateurs. En parallèle, il a augmenté les coûts complets du système, mais dans une proportion limitée, de l’ordre de 5 %.
Pourquoi les renouvelables font baisser les prix
Le mécanisme est logique. Sur le marché de gros, le prix se fixe au niveau de la dernière centrale nécessaire pour répondre à la demande, souvent la plus coûteuse. Ajoutez de l’éolien et du solaire, dont le coût de fonctionnement est quasi nul, et vous augmentez l’offre disponible.
Résultat : à demande égale, des moyens de production plus chers sont moins sollicités. Le prix de marché baisse. Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, résume la logique : plus d’offre pour la même demande tire les prix vers le bas.
Cette abondance a un effet visible. En 2025, la France a compté 513 heures de prix négatifs sur le marché, contre 179 en moyenne entre 2010 et 2020. Elle a aussi retrouvé sa place de premier exportateur net d’électricité en Europe, avec 92,3 TWh vendus à ses voisins.
Combien ça pèse sur votre facture
La facture d’électricité finance une large part du système. En 2025, la part énergie payée par les consommateurs a couvert 78,5 % des coûts de production. En ajoutant l’accise, la taxe sur l’électricité qui revient à l’État, ce niveau monte à 92 %. Le reste est financé par les exportations et le budget de l’État.
Les renouvelables jouent aussi un rôle d’amortisseur en cas de crise. Le parc actuel permettrait de réduire les prix de 7 à 40 €/MWh selon la nature du choc. Lors d’une crise comparable à celle de 2022, la CRE estime même que le dimensionnement actuel du parc serait économiquement avantageux.
Faut-il continuer à développer l'éolien et le solaire ?
À court terme, oui, répond la CRE. Poursuivre le développement reste pertinent pour le consommateur, même si la consommation ne repart pas tout de suite. Les gains sur les prix dépassent le surcoût du soutien public.
À long terme, la réponse est plus nuancée. Si la demande stagne durablement, augmenter le parc au-delà d’environ 50 % de la puissance installée fin 2025 finirait par coûter plus qu’il ne rapporte. La solution, selon le régulateur : électrifier davantage d’usages et développer la flexibilité, pour mieux synchroniser production et consommation.
Pour vous, le message reste simple. Une électricité plus renouvelable n’est pas synonyme de facture plus lourde. Sur la base de 2025, c’est même l’inverse.
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