Les prix négatifs

Les prix négatifs sur le marché de l’électricité

Les prix négatifs sur le marché de l’électricité sont apparus au début des années 2000. Dans cette situation particulière, c’est le producteur qui paie l’acheteur pour que ce dernier consomme de l’électricité.

Les prix négatifs sur le marché de l’électricité deviennent possibles lorsqu’il y a trop de production par rapport à la demande. Certains moyens de production ne pouvant pas s’arrêter de fonctionner les producteurs peuvent préférer vendre leur électricité à des prix négatifs pendant une courte période plutôt que d’arrêter leurs centrales.

Pourquoi des prix négatifs sur le marché ?

De prime abord, si les prix négatifs reflètent un excès de production électrique, on pourrait imaginer qu’il vaudrait mieux arrêter de faire fonctionner certaines centrales de production plutôt que de vendre son électricité à des prix négatifs. En réalité, il est très onéreux de couper une centrale de production « classique » (notamment nucléaire), car sa mise en arrêt implique des contraintes techniques et économiques très couteuses (couts de démarrage et d’arrêt, seuil de puissance minimum à respecter etc.). Pour les producteurs, il peut être alors moins couteux de vendre son électricité à prix négatif pendant une courte période plutôt que de couper la centrale et engendrer des couts de mise en arrêt de la production ainsi que des contraintes techniques.

Dans quelles circonstances exactes les prix négatifs apparaissent ?

L’apparition des prix négatifs sur le marché de l’électricité date de l’apparition des marchés de l’énergie, et du développement des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique Français (et Européen en général). En effet, les producteurs renouvelables d’électricité non seulement bénéficient du tarif d’obligation d’achat, à savoir qu’EDF achète 100% de l’électricité produite par des installations renouvelables à un prix déterminé à l’avance, mais aussi que leur cout variable est très faible voire nul. Ainsi ces producteurs continuent à produire même lorsque l’offre est supérieure à la demande. L’ordre de mérite économique (merit order) n’est alors plus respecté. Dans le cas où ces producteurs renouvelables produisent plus que la normale, et que l’offre est déjà très supérieure à la demande, des prix négatifs de l’électricité apparaissent alors sur le marché.

En règle générale, le prix de l’électricité sur le marché varie en fonction :

  • Du comportement des consommateurs (la demande est-elle forte ou non)
  • Du climat
  • De la quantité d’énergie renouvelable produite
  • Du prix des matières premières (Gaz, Charbon, et CO2)
  • Du respect des programmes de production des centrales

On comprend donc qu’une baisse des prix de l’électricité sur le marché intervient lorsque :

  • La consommation est basse (potentiellement à cause du climat)
  • La production était de base trop importante par rapport aux prévisions de consommation (notamment lorsque la production renouvelable est très importante)
  • Les moyens de production sont majoritairement non flexibles (c’est-à-dire qu’il est trop contraignant et couteux de les mettre à l’arrêt)

Le 24 mai 2020 à 15h, les prix spots de l’électricité ont été négatifs en France, en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, au Pays-Bas, et en Autriche.

Source :  https://www.rte-france.com/fr/eco2mix/donnees-de-marche

On observe donc principalement des prix négatifs lorsque les productions renouvelables fatales (éolien et solaire) couvrent une part importante de la consommation, ce qui est plus souvent observé en Allemagne.

Dans quelles circonstances exactes les prix négatifs apparaissent ?

Plusieurs choses peuvent être faites pour éviter cette situation à l’avenir :

D’abord, par l’amélioration des prévisions de production et de consommation, grâce aux modèles météorologiques. Prévoir plus précisément, et plus en amont la consommation et la production permettra d’ajuster la production et d’équilibrer le marché.

Aussi, les demandeurs d’électricité peuvent, dans des situations qui le permettent, s’adapter à la production en cas de besoin. En effet, certains secteurs comme l’utilisation thermique de l’électricité sous forme de chauffage, de climatisation ou de pompe à chaleur ont une marge de manœuvre qui peut permettre d’adapter légèrement sa consommation en fonction des conditions du marché.

L’intégration européenne des systèmes de production pourra aussi, à terme, permettre une plus grande flexibilité entre la consommation et la production.

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